Extol - Extol (2013)

publié par Marcounet le 26 août 2013

A l’heure de se lancer dans la chronique du dernier album d’Extol – éponyme – l’angoisse de la page blanche se fait sentir. Comment décrire la complexité et la complémentarité d’une telle œuvre musicale sans en dresser un portrait trop abstrait, sans vampiriser non plus le soigneux travail présenté par nos amis norvégiens ?


Face à un tel manifeste de félicité métallique, il est difficile de retranscrire l’émerveillement que peut susciter cet opus sorti sur Indie Recording (Europe) et Facedown Records (Amérique du Nord). C’est finalement David Husvik, le batteur du groupe, qui parvient peut-être le mieux à définir les chemins de traverse empruntés de façon exquise par Extol dans sa quête d’absolu métallique. « Quand tu es créatif et que tu rêves, tu ne peux pas t’arrêter à ce que tu as fait et en être content. Tu cherches toujours plus loin. (…) C’est précisément ce qu’on a fait. On rebondissait sans arrêt sur de nouvelles idées, de nouvelles inspirations, (...). Du coup on a mélangé beaucoup de genres, beaucoup d’inspirations, et ça fait que nos morceaux ont une grande diversité », déclarait-il récemment à nos envoyés spéciaux aux Elements of Rock d’Uster.

Pour faire simple, l’univers d’Extol version 2013, se situe dans la même galaxie que celui d’Opeth. Une ligne - qu’écris-je ! - un faisceau tracé d’une main généreuse dans son ciel épouse une trajectoire multiple sur un idéal progressif. Reste que vouloir confiner Extol à un genre, fût-il aussi jouissif que peut l’être le métal progressif lorsqu’il est habilement maîtrisé, serait extrêmement réducteur, voire carrément inapproprié.

Bref au fil des titres résolument léchés et aboutis, le trio norvégien laisse éclater les divers arômes du metal. Mieux, il les imbrique dans une structure originale et unique mais toujours techniquement haut de gamme. Ainsi, on passe aisément du thrash au death metal en saupoudrant le tout de consonances doom. Un exercice réussi avec mention « excellent », évidemment sans s’écarter d’une trame progressiste, légère mais résolue.

D’arpèges envoûtantes aux guitares hyper saturées, des chants clairs à plusieurs voix aux hurlements symptomatiques du death, Extol réinvente le métal sur dix plages fantastiques. Orchestrée par Jens Bogren (Opeth, Paradise Lost notamment), la mise en scène est sublimée par cet orfèvre des studios d’enregistrement. Le artwork estampillé Travis Smith – un artiste qu’on ne présente plus non plus dans la famille des mastodontes du métal -, est lui aussi gage de qualité.

Pour ne rien gâcher, les paroles sont elles aussi très travaillées. Limpides et claires sans être dégoulinantes de prosélytisme, elles sont incitatives à souhait. A n’en pas douter, elles sont les fruits d’une communion mature avec le Très-Haut.

En clair, Extol 2013, c’est du lourd, du très lourd. Du magnifique ! Normal, a-t-on envie d’écrire en paraphrasant une dernière fois David Husvik, lorsqu’il décrit lui-même le nouvel opus de son groupe : « C’est une sorte de synthèse des années d’existence de notre groupe ». Rien que ça… De là à dire qu’il s’agit d’un must-have, il n’y a qu’un pas, que nous franchirons allégrement !


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